Nos enfants sont des maîtres zen !

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Avez-vous remarqué comme les enfants (les plus jeunes en particulier) font naturellement et avec la plus grande aisance, ce que nous adultes mettons des années à RÉapprendre ?

Je me faisais cette réflexion en regardant ma fille manger ce matin.

Je la regardais prendre le temps de savourer chaque pétale de céréale, se lever tranquillement pour se servir un verre de jus de fruit et aller chercher tout aussi tranquillement l’éponge pour essuyer les gouttes tombées à côté. Finir son bol de céréales, voire se resservir (parce que c’est tellement bon !) sans se soucier de l’heure qui tourne. S’habiller tout en jouant avec le chat, en sautillant et en riant, sans anticiper toutes les conséquences si elle arrive en retard à l’école…

Elle n’a pas eu à faire tous les exercices du manuel « j’apprends à devenir zen » pour savoir le faire.

Elle le fait, d’instinct.

Pendant que je bouillonnais intérieurement à mesure que mon cerveau anticipait, calculait, contrôlait, appréhendait, gérait le paquet de céréales, les miettes sur/sous la table, l’éponge trempée qu’elle a oubliée de remettre à sa place, les vêtements toujours pas enfilés à 8h20, la réaction potentielle de la maîtresse si nous arrivons en retard, ce que vont penser les autres parents, ce qu’il va advenir de ma fille si elle n’intègre pas l’importance d’être ponctuelle, respectueuse des règles, des autres, de la propreté, de l’hygiène… blablabla.

Et le tout en seulement 15 secondes, mon cerveau étant bien plus prompt à s’inventer des tas de problèmes qui n’existent pas encore qu’à juste constater ce qui EST, là sous mes yeux.

Car le plus drôle est que nous sommes arrivées à l’heure. Et les jours où nous sommes en retard, je vois bien que la solution n’est ni de se presser, ni de s’énerver mais de s’organiser différemment.

Quant aux miettes sous la table, est-il absolument impératif de les balayer AVANT d’aller à l’école ?

Ralentir, respirer, manger en conscience, savourer le moment présent, jouer, créer, voir les choses/les autres comme si c’était la première fois, respecter son corps, se concentrer, se fixer des priorités, être vrai.

Ça ne vous rappelle rien ?

Personnellement, ça me rappelle curieusement tout ce que je réapprends à faire depuis que je suis en chemin vers plus de bienveillance envers moi-même et envers les autres.

Aussi pensais-je : Comme c’est étrange, nous autres les adultes, en règle générale, dépensons beaucoup d’énergie pour apprendre à nos enfants à se conformer à un tout un tas d’impératifs (sociaux la plupart du temps). Je pense par exemple au fait d’écouter et respecter les consignes et les règles, réussir à l’école, savoir, faire et avoir toujours plus de choses mieux et plus vite, manger plus de ceci et moins de cela (selon la tendance du moment), se coucher tôt pour être en forme à l’école, prendre soin des autres, etc. Des impératifs qui nécessitent de s’adapter un maximum à des contraintes et injonctions extérieures qui progressivement déconnectent nos enfants d’eux-mêmes. Pour leur bien-être, bien entendu ! Pendant que s’accumulent sur nos tables de chevet, livres et manuels pour (ré)apprendre à se faire confiance, écouter son corps, se respecter, vivre dans le présent, être plutôt que faire ou avoir, mettre plus de légèreté dans notre vie et oser être soi. Bref, tout ce que nous étions avant d’entrer à la maternelle !

 

 Les grandes personnes sont décidément très bizarres »

 (Le Petit Prince – Antoine de Saint-Exupéry)

 




Certains jours, je donnerais cher pour voir à nouveau le monde avec mes yeux d’enfant.

Si je reste évidemment convaincue de la nécessité et de l’utilité d’apprendre à nos enfants à vivre en société, j’observe qu’eux aussi ont beaucoup à nous apprendre. Et ma foi, je me sens souvent bien humble devant leur spontanéité et leur capacité naturelle à vivre au présent. Dans mon précédent article (peut-on éduquer sans récompenser 3/3), je louais l’exemplarité comme moyen le plus sûr d’amener nos enfants vers les comportements qui nous sont agréables. Ce matin, je me suis dit en voyant ma fille :


Et si je prenais moi aussi exemple sur elle ?   😉


Je sais du reste qu’il est parfaitement possible de vivre en harmonie avec les autres et de respecter les règles sociales TOUT EN restant soi-même ! Ce que nous enseigne d’ailleurs Thomas d’Ansembourg dans son excellent livre « Cessez d’être gentil, soyez vrai ! »




Pour aller plus loin…

 

cessez-d-etre-gentil-soyez-vrai-d-ansembourg

Cessez d’être gentil, soyez vrai !

Etre avec les autres en restant soi-même

Thomas d’Ansembourg – 249 pages – 2001 © Les Editions de l’Homme

La Communication Non Violente vue sous l’angle du thérapeute Thomas d’Ansembourg… un livre, drôle, pertinent, percutant, étonnant et tellement vrai. Une invitation à tomber les masques et à renouer avec soi-même et avec les autres… Une lecture réjouissante !

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petit-princeLe Petit Prince

Antoine de Saint-Exupéry – 120 pages – 2007 © Gallimard

INCONTOURNABLE !!

Qui mieux que Saint-Exupéry a su mettre des mots (et des dessins !) sur ce que l’âme d’un enfant a de magique et de mystérieux pour un adulte ? Et inversement.

Je le relis régulièrement et j’ai commencé à le lire à ma fille. Il en existe même une version pour les enfants (que je ne connais pas encore)

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2 commentaires


  • Sabrina

    Merci Delphine pour cet article !!! Je ne sais dire à quel point il résonne en moi, particulièrement en ce moment. Et je reconnais pour le parent-qui-se-veut-bienveillant-et-qui-souhaite-aussi-arriver- à l’heure que nous sommes, ce tiraillement intérieur entre l’admiration et l’envie que nous inspire notre enfant qui sait suivre sa voie (et sa voix intérieure), et la panique et l’urgence que nous ressentons à accélérer les choses parce que les aiguilles de la montre tournent trop vite…

    juin 01, 2017
  • Bonjour, article très intéressant et très réel! 🙂

    Je suis arrivé à la même conclusion… pas besoin de courir avec les enfants, il faut juste s’organiser différemment.

    Étant divorcé, j’ai les enfants les weekend et les lundi matin je dois les amener à l’école. Comme je n’habite pas tout près, je dois réveiller mes enfants un peu plus tôt que leur habitude. Pendant des semaines c’était la course tous les lundis matin… jusqu’au jour ou j’ai dit stop, j’ai revu mon planning du matin et maintenant ça roule tt seul… tout ça pour 15min de dodo en moins, une préparation des affaires le soir, préparation à l’avance des habits à mettre, etc.

    Il suffit de pas grand chose des fois.
    🙂

    Cordialement,

    juin 12, 2017

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